Il existe en France près de 3 600 assistants parlementaires : environ 2 500 à l’Assemblée nationale et 1 100 au Sénat. Ce sont, soit le ou les collaborateurs choisis par l'élu qu’ils secondent quotidiennement, à Paris ou dans la circonscription, soit les collaborateurs des groupes politiques.
L’histoire dit que c’est un voyage des questeurs de l’Assemblée nationale aux Etats-Unis, en août 1974, qui aurait fourni de nombreux arguments pour la création de la fonction d’assistant parlementaire. Edgar Faure, alors questeur et futur président de l’Assemblée nationale, y aurait été fortement impressionné par l’efficacité des parlementaires américains entourés d’équipes pléthoriques (aux Etats-Unis, les assistants parlementaires existent depuis 1906).
L’institution d’un premier collaborateur de député est donc décidée par l’Assemblée nationale le 13 novembre 1975 ; le Sénat prend la même décision le 29 juin 1976.
En trente ans, la fonction s’est largement développée et surtout, elle s’est professionnalisée. En effet, pour faire face à la technicisation de leur mission, les parlementaires ont besoin d’être assistés par des collaborateurs à la fois spécialistes, polyvalents et/ou militants. Ainsi au quotidien, les assistants parlementaires assurent quatre types d’activités : le secrétariat, le travail législatif, la communication de l’élu et l’activité partisane.
Pourtant cette profession est largement méconnue (ignorée ?) et il reste beaucoup à faire pour la rendre plus visible. Il reste beaucoup à faire également pour en améliorer les conditions de travail et bâtir un véritable statut professionnel.
En effet, aujourd’hui, l’assistanat est une fonction précaire : c’est l’élu qui fixe les conditions de l’emploi et le lien de confiance qui unit le parlementaire à son assistant est donc primordial. A chaque échéance électorale, ce sont aussi plusieurs centaines d’assistants parlementaires qui perdent leur emploi.
En trente ans, des améliorations nécessaires ont été obtenues mais elles restent ponctuelles. A l’heure actuelle, l’Assemblée nationale et le Sénat n’appliquent pas les mêmes règles et il manque aux collaborateurs parlementaires ce qui, dans d’autres professions, apparaît comme des acquis incontestés : bilans de compétences, formation professionnelle, validation des acquis de l'expérience, compensation financière de la précarité, salaires minimum décents, bilan social annuel etc. Seule une convention collective permettrait d’élaborer le statut unifié qu’attendent véritablement les assistants parlementaires.
Le mardi 13 juin 2006, au Sénat, des universitaires, des élus et des collaborateurs débattront pour faire le point sur le contenu de cette profession, ses perspectives d’évolution et les synergies à trouver avec les autres collaborateurs d’élus, notamment les membres de cabinet ou les assistants parlementaires européens). C’est le premier colloque sur ce sujet ; il est organisé collectivement par les six organisations représentatives des assistants parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat, à l’occasion des trente ans de cette profession.
Tags : assistant collaborateur convention collective bilan social vae formation statut député sénateur colloque organisation association syndicat média
Ecrire votre commentaire
Vous devez vous connecter pour pouvoir ajouter un commentaire.